ACRANTOPHIS MADAGASCARIENSIS

Introduction :

Acrantophis madagascariensis est une des trois espèces de boas endémiques à l'île de Madagascar qui se situe au sud-est de l'Afrique dans l'Océan Indien. Elle est inscrite à l'annexe I de la CITES depuis 1977.

 

Description :

Acrantophis madagascariensis est la plus grosse espèce des boas de Madagascar. Le plus gros mâle de ma collection mesure environ 210 cm (7 ans) et la plus grosse femelle 230 cm (10 ans). Des tailles supérieures à 300 cm ont été annoncées mais cela nécessite des preuves tangibles qui ne peuvent être fournies concernant la mesure de ces animaux. C'est un serpent constricteur très massif, très puissant et très beau. La tête est très large surmonté de deux lobes temporaux souvent très marqués chez certains individus. Le cou est trapu et chez les spécimens très gras est presque aussi large que la tête. Le corps est massif et porte comme chez l' Acrantophis dumerili ce motif en triangles ornés de croix mais dont l'extrémité supérieure ne passe pas au-delà de la partie dorsale du corps. La queue se termine en pointe contrairement à Acrantophis dumerili .

Reproduction :

Acrantophis madagascariensis est réputée pour être une espèce difficile à reproduire. Je partage en partie ce point de vue car depuis que je reproduis cette espèce avec succès je me suis rendu compte que la difficulté principale venait des mâles. D'après mon expérience avec cette espèce, le mâle ne montre souvent aucun intérêt pour la femelle même en période de reproduction qui arrive vers le début de l'automne pour les plus précoces au milieu de l'hiver pour les plus tardifs. En octobre 2001, mon groupe comptait alors 8 mâles et 4 femelles dont 1 trop jeune pour se reproduire. Lors d'une séance de nourrissage je remarquai que 2 mâles refusaient toute nourriture quelle que soit la proie présentée. Ils rentrèrent ensuite en mue et je décidais d'attendre la fin de celle-ci pour les nourrir.

Là encore ils s'entêtaient à ne rien manger. Ces deux mâles étaient alors âgés de 3 ans et je les trouvais un peu jeune pour se reproduire. Puisque j'avais un peu d'expérience avec les dumerili dans ce domaine, je plaçai un des mâles avec une femelle. Le mâle ne tarda pas à montrer un vif intérêt pour la femelle et le premier accouplement eut lieu dans les heures qui ont suivi. Malheureusement dans ma joie d'avoir un premier accouplement de cette espèce je retirai le mâle bien trop vite (seulement après quelques jours) sans savoir à ce moment là que cet accouplement ne donnerait rien.

J'avais encore 3 femelles en réserve et en décembre 2001 je mettais 1 mâle avec 2 femelles dans le même terrarium et le mâle qui avait été retiré avec la troisième femelle. Ils restèrent environ 4 mois avec leurs femelles respectives puis furent replacés dans leurs terrariums. A l'été 2002, je pouvais voir que les 3 femelles étaient pleines. Malheureusement la première femelle décéda en cours de gestation et portait 5 fœtus et des ovules non fécondés. Je nourris la deuxième femelle et elle donna naissance aux bébés en même temps qu'elle déféqua à 7 bébés parfaitement formés mais qui avaient encore trop de vitellus à absorber pour survivre. Ils moururent tous. Des ovules non fécondés accompagnèrent aussi cette naissance. La dernière femelle donna naissance fin octobre 2002 à 5 bébés parfaitement formés de même qu'à des ovules non fécondés. Au cours de cette saison 2001/2002, je dressais le bilan suivant : 2 mâles cyclés sur 8, excepté la femelle qui n'était pas restée assez longtemps avec le mâle, toutes ont été positivement fécondées.

Fin 2002, mon groupe ne comptait alors plus que 7 mâles. La saison 2002/2003 commença à l'automne avec un mâle qui cessa de s'alimenter. Je décidai alors de travailler un peu plus sur les mâles et de mettre en place le système du combat entre mâles pour voir si d'une part cela aidait à cycler des mâles qui mangeaient encore et d'autre part si cela améliorait les chances d'une meilleure fécondation afin de diminuer le nombre d'ovules non fécondés. Je prenais donc un terrarium vide dans lequel j'ai mis le mâle qui s'était arrêté de manger avec deux autres mâles. Le combat commença aussitôt sous la forme de poursuites et d'entrelacements et chacun des mâles essayait de monter le long des parois du terrarium pour prendre l'ascendant sur l'autre. La lutte dura plusieurs dizaines de minutes puis je décidai de séparer les belligérants. Etant donné que pour cette saison de reproduction je n'avais qu'une seule femelle, je décidai de garder le mâle qui s'était cyclé et de cesser de motiver les autres. C'est la première année où j'ai utilisé le système de la mue de la femelle pour stimuler le mâle chez cette espèce. Avant de mettre le mâle en présence de la femelle j'ai mis dans le terrarium une mue de femelle fraîche car excepté les autres mâles il n'avait pas encore rencontré de femelles. Après avoir placé la mue et observé son vif intérêt pour celle-ci je mis le mâle dans le terrarium de la femelle et les accouplements eurent lieu quelques heures plus tard. L'effet du combat se fit sentir et les 2 autres mâles qui avaient participé au combat se cyclèrent. En octobre 2003, la femelle eut 8 bébés, 1 vivant mais infirme des yeux et de la queue, 3 vivants mais malformés qui moururent dans les heures qui ont suivi, 4 mort-nés et un nombre indéterminé d'ovules non fécondés. Je mets ce résultat sur le compte de la canicule qui a touché la France à l'été 2003. Bilan de cette saison : 3 mâle cyclés sur 7, 1 femelle positivement fécondée. Pour la saison de reproduction 2003/2004, à nouveau mon objectif se focalisait sur les mâles.Dès les premiers signes de l'arrivée du jeûne caractéristique du cycle je plaçais tout de suite les 7 mâles ensemble dans le même terrarium afin de combattre.

Les combats se sont faits plus violents et les morsures ont commencé à appar-aître car des mâles qui n'avaient jusque là pas participé au programme de rep roduction se sont révélés hyper violents. J'eus l'occasion de faire 2 vidéos et elles sont assez flagrantes de cette violence. Après avoir vu quels étaient les mâles qui mordaient je pris la décision de les retirer et de continuer avec les aut-res. Après l'observation de combats classiques, je séparai à nouveau tout le monde et je plaçai des mues entières ou en morceaux dans les terrariums des mâles. Pour cette saison j'avais 2 femelles disponibles. Sur les mâles qui se sont cyclés cette saison là je choisis le père des reproductions de 2002 et 2003 et un des mâles violents qui était aussi le plus gros de ma collection et dont c'était la première année qu'il se cyclait. Au cours de l'été 2004 un de mes mâles mourut sans que je sache la cause réelle. En octobre 2004, la première femelle qui s'était accouplée avec le plus gros mâle eut 15 bébés et quelques ovules non fécondés. Quelques jours plus tard la mère de la reproduction de 2002 eut 6 bébés et quelques ovules non fécondés. Bilan de cette saison : 5 mâles cyclés, 2 femelles positivement fécondés. Pour la saison 2004/2005 j'ai repris les mêmes éléments et j'ai accouplé la mère de la reproduction de 2003 avec un nouveau mâle qui s'est cyclé cette année pour la première fois. Bilan de cette saison : 6 mâles cyclés, 1 femelles positivement fécondées. La femelle est actuellement en gestation.

 

Nouveau-nés :

Cette espèce fait des bébés énormément grands qui peuvent atteindre plus de 60 cm . Le plus grand que j'ai mesuré jusqu'ici faisait 62 cm de long. Dès la naissance ils muent en quelques minutes et sont prêts à être logés individuellement dans des boîtes en plastique avec du journal comme substrat. Ils mangeront dans la semaine qui suit leur naissance et leur grande taille leur permet de démarrer au rat nouveau-né. Au bout de 3 semaines je les passe aux poussins pour augmenter leur croissance. Vers l'âge de quatre mois ils sont capables pour certains individus de manger des rats subadultes. La détermination du sexe se fait par l'observation des éperons cloacaux. Présence = mâle, absence = femelle.